
1 - The Song Remains The Same :
Une herse immense et chromée vient de se lever, dégageant ainsi le passage à une horde magnifique de pur-sangs sompteux qui s'en échappent et partent alors à 1000 à l'heure sur une piste faite des cendres volcaniques de cinq années de pure furie...
Aujourd'hui donc, oui, le chant est le même certes, mais les partitions ont changé. Voici le temps des nouveaux couteaux...On ne part pas pour l'année à venir mes enfants, mais pour un siècle...oui...regardez vous donc, regardons-nous...nous sommes ces petits gosses bouclés, nus comme des vers, gravissants les marches imparfaites de la chaussée des géants que reproduit si bien la pochette tant attendue d'Hipgnosis...Probablement l'une des plus belles du rock...Au milieu du livret de l'opus, en fond de bleu si profond et face à ces roches abruptes du temps, l'homme adulte fait-musique ne nous offre-t-il pas nous, horde de fans/enfants, ne veut-il pas nous immoler à la multiplicité des avenirs improbables qui sont fatalement couché dans ce premier morceau de fin du monde qu'est "the Song remains the same" ?
Oui, un rock d'une brillance d'airain est là, offrant en préambule le péremptoire de la herse métallique qui nous libère à penser ce que l'on veut de la vie, de la musique, qui nous pousse à l'assujettissement à ces nouvelles rythmiques tribales. Bacchanale de métal qui s'emballe dans le parfum enthousiasmant des arpèges de Page, ils ouvrent un ciel bleu tout entier aux sentiments troglodites de nos coeurs offerts, Jones lui colle au train tandis que Bonzo assure le maintien d'une certaine éthique à la binarité rock...et puis des clairières sonores calmes seront visitées où Plant offre verbe apaisant car en voix d'enfant, et puis le torrent sonore impressionnant repartira en fuite époustouflante jusqu'au solo/orgasme du maître des lieux, et ainsi va la vie quand il s'agit d'extase et d'amour du nouvellement dit et exprimé dans une telle évidence ! oui, c'est cmme celà que ce morceau devait être écrit bordel de merde !
2 - The Rain Song :
Beau morceau.
On avait pu dire qu'il s'agissait du nouveau Stairway to Heaven. Morceau pour l'amour de tout, morceau de vie.
Oui oui, belle architecture, beau son en studio...ah ben ça.. l'esthétique est là, c'est clair, les claviers de Jonesy aussi (et ils y sont pour beaucoup...), c'est aussi beau qu'une fôret du Vermont à l'automne...gros morcif aussi en live, genre bien meublant et qui est d'ailleurs en excellente transition juste après le fameux The song remains the same.
En fait, ce morceau est une bien belle balade que Claude Lelouch aurait cinochement pu écrire, en l'écoutant c'est l'histoire de tout le monde qui passe et défile là devant vos yeux pas ébahis, non, mais un peu car c'est de vous qu'il s'agit, mais content qu'il se puisse s'être trouvé quelqu'un pour penser à vous, à nous quoi, gens de la rue, à un certrain moment, et l'exprimer....
3 - Over The Hills And far Away :
Alors là, ces putains de Led Zep savent faire ça parfaitement, presque en dormant, et on l'a déjà vu...oui, vous savez bien, cette fameuse alternance calme/débourre, ben oui, par exemple dans le "Bring It On Home" du Led Zep II, ça démarre blues bien calme, et puis paff gros break métallique enriffé et prend toi donc ça dans la gueule Gastounet !
Hé ben là, Over The hill... est strictement sur le même concept. On te le démarre bien folky, le Planty et tout tranquilou, il te parle de ses nouvelles poules, de son coq, de ses pieds de tomates, et papati et patalère, ça sent bon le foin fraîchement coupé, et Pagey arpège hyper esthétisant derrière, Bron Y Aur et compagnie...
... mais le blème, c'est que gros break derrière genre coup du lapin, et pas le petit de garène, mais le gros australien qu'a du sacré muscle dans le slibart et gros pafff dans ta gueule donc !, et que ça te rocke les sens, ah oui ! Jones/Bonzo l'on signé ce putain de pacte flashy/heavy, et ça ne date pas d'hier et dans tous les sens et à donf la caisse qu'ils te les percutent les électrochocs successifs survitaminés en diable comme ils savent si bien le faire, ensorcelés à outrance par la voix putassière du Planty et par un solo sous la cendre genre démoniaque inoculé par le Pagey dans nos chairs offertes...
Alors voilà quoi....
Qu'est ce qu'on fait après ?....
4 - The Crunge :
Invite bien groove d'un Bonzo à 100% déjà dans la black thing, ligne de basse démentielle d'un Jonesy qui invite à la danse lui aussi parce qu'il est Jamersonnien et aime la Tamla Motown. Et puis le riff hyper funk de la gratte de Pagey et la voix raunchy en diable du Planty...
Et bien oui! c'est du funk, du très bon funk primal mesdames messieurs, les Led Zep font leur coming out, ils adorent James Brown et lui rendent cet hommage là qui est un baston total, une tuerie !
hey man...can you see the bridge ???
5 - Dancing Days :
Très très grand morceau particulièrement inquiétant, opposition entre "dance" et cette obscurité, et ce riff "qui fait peur" d'un Pagey magicien du noir...
On est dans les très grands morceaux de Led Zep, genre second couteaux au niveau buzz, par exemple du style "Four Sticks" ou encore "Sick Again", c'est à dire qu'il y a de l'épaisseur, de la strate métallique dedans...
Dans le riff de Page et l'association basse/batterie derrière, il y a du fatal, du prémonitoire aussi, et c'est bizzarement un trait de fusain fortement soutenu par les lignes acides des synthés de Jones...finalement, j'aime avoir peur avec ça...
Et puis Plant est dans le genre diseur/précheur/annonciateur de lendemains effrayants, au son de sa voix, je ne parle pas des lyrics...
Et puis ça tombe au carré, au doigt et à l'oeil en stricte obéissance à ce riff ferme et ondoyant, en mode malsain, d'un Page maître oblique de ces sortes de déca-danses...
6 - D'yer Mak'er :
Rock Steady ? reggae ? Très marrant, et fort excitant par la lourde présence du drumming Bonzonnien derrière, et puis ce solo de Page comme enregistré dans le placard d'à côté...Ils avaient paraît-il perdu les paroles, d'où ces lyrics là...
Perso, j'aime bien ce morceau dont l'odeur d'épices me rappelle le "Hey Negrita" des Rolling Stones enregistré 3 ans plus tard...
Et puis il est également prémonitoire de leur "Fool in the Rain" où la polyrythmie de Bonzo s'était malgré tout fortement accentuée.....
7 - No Quarter :
Je pense que ce morceau est un des plus beaux et des plus ouverts du Zep car il va bien au delà du rock. Peut-être un des morceaux les plus proches de ce qu'à l'époque l'on pouvait appeler rock (où même jazz...) progressif, c'est à dire un morceau de "tous les possibles". Le piano de Jones est très ouvertement jazzy dans le sens d'une certaine "échappée" vers des ailleurs, voies fortement fréquentées par les jazzmen eux-mêmes à l'époque comme Miles Davis, Herbie Hancock etc...
En outre, le morceau est une petite merveille de producing, et puis la version studio me tire toujours les larmes, étant ainsi ressérée, par la dramaturgie qu'elle porte en elle, par plein d'autres petites choses, au niveau du break des atmosphères par exemple, et par les voicings finaux de Plant qui sont de toutes beauté, ben oui, je l'avoue, j'y ai souvent pleuré de bonheur dessus...
Magnifique pièce qui ne fait pas de quartier à la médiocrité mais ne nous assigne pour autant pas à rejoindre les notres si tant est que nous l'ayons pu être un peu....
8 - The Ocean :
Et puis pour conclure ce magnifique album, pourquoi pas un peu de rudesse, pourquoi pas se payer une sortie au bar, honky tonk, allez les gars, si on allait boire des coups et voir des gonzesses ?
Ce morceau me rappelle la rusticité d'un "Out On the Tile" par exemple, extrêment efficace, un rock brut de décoff' au fond hein, ça plaisante pas, riff bien rauque du Page, le Jonesy derrière en couverture la grenade aux dents, le Bonzo qui tape lourd mais bien aéré etbien burné/castagnette aussi, ah là là, c'est carré, ça groove impec ! ce qui n'exclut pas du bon solo Pagien qui arrive pour décontraster, et oui, le voilà en jam avec les potes, ce son nom de zeus !
Et puis ça repart en assure, puis on souffle un peu, la la la...la la la....trop sympa....et hop, foutons leur en deux ou trois autre dans la tronche, et puis...ahhhh....hé hé....ça y est...bonne petite jam de fin, gorgée de bonne humeur et de plaisir....et allez allez...hop... hop...
Coda très très sympa en fait...pour conclure un superbe morceau...
Et un magnifique album en fait, l'album d'un direction nouvelle ? plus progressive ? Plus mature ?
Les 4 premiers albums ne portaient pas de titre, celui-là oui, et les trois qui suivirent aussi....
doms